L’accès à l’énergie en Afrique

L’amélioration de l’accès à l’énergie en Afrique est une étape indispensable pour la transformation économique et le développement durable. Elle passe par une allocation plus équitable des ressources pour libérer les capacités productives des citoyens. Il est notamment indispensable d’améliorer l’accès à l’énergie des populations africaines pour que le continent puisse réaliser l’ambitieux Programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté fin 2015 par les Nations unies. Même si l’Objectif de développement durable (ODD) 7 concerne explicitement la nécessité de « garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable », il est largement reconnu que cet accès à l’énergie jouera également un rôle déterminant dans la réalisation des autres ODD, et notamment de ceux qui concernent la réduction de la pauvreté, une croissance durable et inclusive, une infrastructure résiliente et une industrialisation durable, l’accès aux soins de santé et l’élimination de la faim. Plus de 40 % des entreprises [dans les pays les moins avancés, NDLR] sont freinées dans leurs activités de production par un approvisionnement en électricité inadéquat, peu fiable et trop coûteux. Le constat de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) est simple : pas de développement industriel, technologique ou agricole sans énergie. Sur l’ensemble du continent, plus de la moitié des 54 pays africains affichent un taux d’électrification de moins de 20 %. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) indiquait en 2017 que 590 millions d’habitants du continent africain restaient privés d’accès à l’électricité, à savoir environ 57 pourcent de la population. L’Afrique subsaharienne dispose d’importantes ressources énergétiques, notamment solaires et éoliennes, mais le niveau de l’offre énergétique reste très faible. Bien que le continent ait tout ce qu’il faut pour produire l’énergie nécessaire à ce que sa population y ait universellement accès, ces ressources ne sont pas exploitées. Le principal facteur expliquant cette insuffisance de l’offre, et donc de l’accès, est le coût élevé des infrastructures. Pour les gouvernements, soit il ne constitue pas une priorité, soit ils n’ont pas les moyens nécessaires pour y remédier.